Là où finit la terre

Publié le par Patrice Alzina

Là où finit la terre

Pour cette fois, je ferai des infidélités à ma chère Méditerranée !

Je vous emmène là où finit la terre, au contact de l'océan fougueux et ravageur, dans ces contrées pleines d'embruns et de mystères, aux falaises en à-pic et aux récifs baignés d'écume:

La Bretagne 

Là où finit la terre

La falaise au calvaire

 

Sur le sentier pentu montant vers le calvaire,

Une fillette aux longs cheveux battus des vents

Court, court à perdre haleine, et projette les pierres

Au pied de la falaise happée par les courants.

Eperdue sous les cris des bourrasques iodées,

Elle grimpe au plus haut du socle de granite

Et plonge son regard dans les flots agités

Du fougueux océan aux vagues anthracite.

Son père DOIT rentrer, le doute serait vain,

Le chalutier DOIT poindre sur les lames d'écume,

Alors, chaque matin ses yeux  percent la brume

Dans l'espoir insensé du retour du marin.

 

Mais que peut la confiance en face du destin ?

 

 

Là où finit la terre

Sur le sentier pentu montant vers le calvaire,

Une jeune épousée soutient son ventre lourd,

Et ahane, et trébuche, sur les roulis de terre,

Protégeant de ses mains son fardeau de l'amour.

La voici au sommet, sous les grands bras austères

De la croix, pauvre abri du pénétrant crachin;

Elle s'abîme dans de brûlantes prières,

Ses larmes se mêlant aux sanglots froids du grain.

Attendre, attendre encore, pour espérer toujours,

Son homme ne peut pas la laisser à sa peine,

Malgré le long débours des heures et des jours,

Les rugissants devront rendre celui qu'ils prennent.

 

Mais que peut l'espérance quand les malheurs étreignent ?

 

Là où finit la terre

Sur le sentier pentu montant vers le calvaire,

Une vieille rugit son ire à l'océan;

Les flots lui ont ravi son mari et son père,

Ils n'auront pas pouvoir d'engloutir son enfant.

Elle s'avance alors au bord de la falaise

Pour hurler sa colère face au ciel menaçant;

Elle refuse aux dieux de la mer et du vent

Cette offrande sacrée qui comblerait leurs aises.

Ses deux poings décharnés se dressent vers le ciel,

Proclamant sa révolte, exécrant l'injustice,

Alors, illuminant l'onde du sacrifice

Ourlée d'écume blanche comme nappe d'autel,

Un rayon de lumière transperce l'horizon,

Eclair de Zeus répondant à la philippique,

Et révèle à l'aïeule tombée en pâmoison

Les voiles de misaine et l'étrave d'un brick.

 

Oui, les dieux, quelquefois, entendent les suppliques,

L'amour ardent, parfois, peut vaincre le tragique.

Là où finit la terre
Là où finit la terre

Chers amis, ouvrez déjà vos agendas 2017 !!

 

Le vendredi 27 janvier à partir de 19H, je serai l'invité des Mots d'Azur, au château de Mouans-Sartoux, pour la première Nuit du Château de cette nouvelle année.

 

J'y serai accompagné par la clarinette de Jean-Luc Schwab, et le zenko de Philippe Molino, pour vous entraîner dans une heure de poésie et de rêveries ,après quoi, la scène sera ouverte et offerte aux auteurs présents .

 

Alors faites-moi le plaisir de notre rencontre lors de cette soirée ! 

Là où finit la terre

Textes: Patrice Alzina

Photos: Catherine et Patrice Alzina

 

Tous droits réservés

 

 

A bientôt les amis !!!

Là où finit la terre

Commenter cet article