Estérel

Publié le par Patrice Alzina

Estérel

Je vous emmène aujourd'hui en promenade tout près de chez moi, dans l'Estérel, sur cette superbe route en corniche qui, de Théoule à Saint-Raphaël, offre tant de paysages sublimes.

Si d'aventure vous me cherchez un jour, allez donc voir par là !

Il est bien possible que vous m'y découvriez au creux d'une crique ou sous un pin !!!

Estérel

Des coulées d'émeraude dévalent l'écarlate

Des pentes acérées qui plongent leurs à-pics

Dans les ressacs ourlés de blancheur écumeuse,

Etoffes d'outremer aux volants de dentelle.

 

Dans la voûte d'azur où s'ébrouent et s'ébattent

Les grands oiseaux neigeux, doux planeurs pacifiques,

Un nuage crémeux aux rondeurs langoureuses

Tache d'un trait de lait l'immaculé du ciel.

 

Râ illumine d'or les pépites d'agate

Des récifs affleurant comme ruines antiques,

Tel un abri surgi des vagues cascadeuses

Pour la naïade nue nimbée d'onde pastel.

extrait de "ITINERANCES"

Edilivre   2013

Estérel
Estérel

Le petit hôtel

 

Dans le petit hôtel sur la route en corniche,

Le temps coule et s'écoule, alangui et serein.

Les clients y sont rares, les recettes sont chiches,

Mais l'auberge accueillante aux quidams en chemin.

Quelques modestes chambres écartent leurs volets

Face aux flots ineffables, calmes ou rugissants,

Et l'éclat du soleil à l'aurore naissant

Remplace les pendules, passé potron-minet.

A l'abri du mistral, s'étire une terrasse

Paisiblement ombrée de glycines fleuries,

Meublée de quelques tables et sièges meurtris

Au fer forgé rouillé par des embruns tenaces.

A travers la rocaille, plongeant cahin-caha

Vers la crique où se meurent des vagues amollies,

Un escalier de pierre descend jusques au bas,

Serpentant parmi les figuiers de Barbarie...

Estérel

L'homme est arrivé là par un matin d'hiver,

Havresac à l'épaule, l'air sombre, solitaire,

S'est enquis d'une chambre où loger quelques nuits,

Répondant aux questions d'un sourire flétri.

Dès l'aube, chaque matin, assis sous la tonnelle,

Son regard se plongeait dans le soleil levant,

Et semblait se noyer dans un rêve prégnant

Dont rien ne le tirait, que les bruissements d'ailes

Planantes dans le vent des premiers goélands.

Dès l'aube, chaque matin, l'aubergiste discrète

Posait auprès de lui un lourd plateau chargé

D'un pot de café fort, de tartines beurrées,

L'abandonnant à sa solitude muette.

Il restait là souvent jusqu'à l'heure du zénith,

Sortant de sa torpeur pour écrire quelques mots

Dans un carnet froissé qu'il refermait bien vite

Comme s'il craignait de s'épancher sur ses maux.

Et puis il descendait face à la mer lascive,

Laissant parfois l'écume humidifier ses braies,

Déjeunait d'un quignon et de quelques olives,

Ecrivant et rêvant jusqu'à la nuit tombée ...

 

Estérel

Un soir, un vent puissant venu du fond du ciel

Fit lever la tempête sur la mer en furie,

Et les volets claquant au mur comme crécelles

Accompagnaient les cris des vagues dans la nuit.

Au lendemain, l'homme semblait s'être envolé,

Et quand la tenancière, comme à son habitude,

Livra sous la charmille son frugal déjeuner

Pensant trouver son hôte pétri de solitude,

Elle vit sous un galet dessus le guéridon

Quelques billets couvrant le prix de la pension,

Pliés dans une feuille arrachée du carnet

Et noircie d'un poème qui ainsi débutait:

"Dans le petit hôtel sur la route en corniche,

Le temps coule et s'écoule, alangui et serein."

extrait de "Les nuances du ciel"

Edilivre  2016

 

Cet hôtel existe, avec bien sûr toute la liberté que laisse la poésie !

Si vous allez du coté du Trayas, amusez-vous à le trouver !!

 

 

Estérel

Un grand merci à ceux d'entre vous qui m'ont accompagné au Château de Mouans Sartoux le 27 janvier !

Avec mes compères, Sophie-Hélène Potron à la flûte, Jean-Luc Schwab à la clarinette, Philippe Molino au zenko,

mais aussi avec la complicité de Myriam Primus au chant,

et sous la belle exposition des oeuvres picturales de Claude Peynaud,

nous vous avons proposé un croisement des arts, et vous étiez nombreux à y répondre avec enthousiasme et passion .

Merci pour ce beau moment de communion artistique ;

j'espère que vous avez eu autant de bonheur à l'accepter que nous en avons eu à vous l'offrir

Palais Bulles, Théoule

Palais Bulles, Théoule

Texte:   Patrice Alzina

Photos:  Catherine et Patrice Alzina

A bientôt les amis !!!!!

Estérel

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