Amours éternelles

Publié le par Patrice Alzina

Amours éternelles

L'amour et la poésie ...

En voilà un beau mariage qui fait rêver chacun depuis que le monde est monde ...

A mon tour de vous prendre la main pour vous conduire parmi ces amours éternelles qui défient l'espace et le temps,

Suivez-moi !

... amours intemporelles à Venise...

... amours intemporelles à Venise...

Les vieux amants

 

Ils coiffaient l'éminence d'une douce colline,

Caressée par le souffle des vents de la plaine,

Figés depuis des siècles aux ordres magnanimes

Du soleil et du ciel; l'église et le grand chêne,

L'une protégeant l'autre des affres du blizzard,

Et l'autre offrant à l'une à l'heure où l'ombre est rare,

La fraîcheur des ramures aux pierres enfiévrées.

 

Chacun les connaissait depuis son plus jeune âge;

Le temps de leur naissance, tous l'avaient oublié;

A eux deux, ils étaient la mémoire du village.

Les enfants ondoyés dans le vieux baptistère

Avaient parmi les branches abrité leurs repaires.

Les amoureux célébraient Pâques avant Rameaux

La mousse comme lit, feuilles en baldaquin,

Avant que de passer dessous le porche enfin,

Fêter leurs noces dans la lumière des vitraux.

Chaque été, les quidams montaient de la vallée,

Soufflant dans la touffeur, pour porter leurs hommages

A la Dame de la chapelle, pélerinage

Couronné de joyeuses agapes arrosées,

Puis de siestes moelleuses à l'abri du grand frère

Généreux de ses feuilles mortes en litière.

... au doux pays des amours enfantines...

... au doux pays des amours enfantines...

 

Ils semblaient deux époux venus du fond des temps,

Deux vieux amants ridés de traverser les ans,

Mais dont on sentait bien que si l'un d'eux partait,

L'autre ne saurait plus subsister, isolé.

 

Une nuit d'équinoxe, un orage survint

D'une telle puissance, que seules les chroniques 

En avaient relaté dans des temps très anciens.

Jupiter rugissait en une philippique

Adressée aux humains; des éclairs fabuleux

Flashaient l'obscurité ainsi qu'un stroboscope,

Illuminant la terre en kaléidoscope,

Sous les coups de tambour d'un tonnerre ombrageux.

 

Et la foudre tomba...Comme si la colère

Du firmament jaloux du bonheur des humains,

Avait en son tréfonds décidé que la guerre

Pouvait seule apaiser le vif courroux divin

...et le lierre s'accroche aux pierres comme un amant à sa belle ...

...et le lierre s'accroche aux pierres comme un amant à sa belle ...

 

Au matin, la colline était décapitée;

L'arbre effondré aux blocs de l'église emmêlé

Tel des bras protecteurs qui embrassaient les ruines

En ultime caresse offerte à Colombine.

 

Les villageois emplis de tristesse et d'effroi

Vinrent en procession, ainsi qu'à des obsèques,

Visiter leurs aïeux une dernière fois.

On déblaya les pierres comme un corps qu'on dissèque;

Apparurent alors dans la souche arrachée

Et dans les fondations à présent révélées,

Deux cassettes de cèdre et bronze ciselé,

L'une ayant en son coeur deux anneaux enlacés,

Et l'autre contenant un très vieux parchemin

Gravé de ces seuls mots qu'on put lire en latin:

Hominibus eos jungere

Solum deis disjungere*

 

*Il fut donné aux hommes de les réunir,

Aux dieux seuls de les désunir

Amours éternelles

Si vous en avez l'envie,

je vous propose de nous retrouver le 21 juin, à Cannes , pour la 4° Nuit de la Poésie, dans les jardins du Moulin de Forville, au Suquet.

Parmi mes amis des Mots d'Azur, j'aurai le grand plaisir d'être accompagné dans mes lectures par deux artistes de grand talent:

Marie Dumas, violoncelliste, de l'Orchestre Symphonique Azuréen

et Tania Bosser, soprano et artiste dramatique;

Je vous y attends...

Giverny...quand la lumière épouse la couleur...

Giverny...quand la lumière épouse la couleur...

Textes:  Patrice Alzina

Vers latins:  Catherine Alzina

Photos:  Catherine et Patrice Alzina

 

"Les vieux amants" sont tirés du recueil  "Les nuances du ciel" paru chez EDILIVRE en 2016

A bientôt les amis !!!!!

Amours éternelles

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