A vous de jouer !

Publié le par Patrice Alzina

A vous de jouer !

Confiné(e)? Enfermé(e)? cloîtré(e)?

Si tu ne viens pas à la poésie, la poésie viendra à toi!

En ces temps difficiles, chers amis, pourquoi ne pas utiliser ce trop-plein de temps libre pour tenter quelques exercices de style? quelques "sports cérébraux"?

Je vous propose de vous essayer à l'écriture de ces poèmes dits "à forme fixe", pour certains un peu passés de nos jours, mais pourtant encore bien présents dans la littérature poétique, et surtout qui peuvent s'avérer très amusants si on les considère comme des jeux de construction, des montages ludiques de mots et de sons!

 

A vous de jouer !

Aujourd'hui:   LE  RONDEAU

Ce poème doit son nom à la ronde, car autrefois il se chantait et se dansait, mais aussi à sa forme car il se termine comme il a commencé.

Comment cuisiner un "rondeau parfait"?

Le texte doit contenir 20 vers

Chaque vers doit faire 8 pieds ou 10 pieds, mais une fois choisi, le même nombre de pieds du début à la fin du poème.

Chaque strophe comporte 4 vers

Attention ça se complique!!

La deuxième strophe finit par le 1° vers de la première strophe

La troisième strophe finit par le 2° vers de la première strophe

La quatrième strophe finit par le 3° vers de la première strophe

La cinquième strophe finit par le 4° vers de la première strophe, et est suivie du premier mot ou du premier demi-vers (hémistiche) de la première strophe

On n'utilise que deux rimes et les rimes sont croisées (A-B-A-B)

 

Voulez-vous un exemple?

 

Prenez ma main, je vous emmène

En balade s'il vous en dit;

Dans ce rêve qui nous entraîne

C'est notre amour qui nous conduit.

 

Les fleurs seront en jalousie

En voyant celle qui m'enchaîne,

Le vent cachera son dépit,

Prenez ma main, je vous emmène.

 

Je dirai des calembredaines,

J'aime tant voir vos yeux qui rient;

Je vous chanterai des rengaines

En balade s'il vous en dit.

 

Vous ne m'en voudrez pas, ma mie,

Si nous courons la prétentaine,

Libérons notre fantaisie

Dans ce rêve qui nous entraîne.

 

Sur l'herbe douce comme la laine,

Vous m'offrirez le paradis:

Nous tomberons, ah! quelle aubaine!

C'est notre amour qui nous conduit;

Prenez ma main.

 

A vous de jouer !

Trop fastoche ??

Alors essayez cette autre forme aussi admise:

13 vers de 8 ou 10 pieds

Uniquement deux rimes redoublées: 8 féminines (e muet) et 5 masculines (les autres), ou l'inverse

Utiliser la même rime aux vers 5, 6, et 7

L'hémistiche du premier vers est repris après le 8° et après le 13° vers

Par exemple:

 

Ils ont noyé mon âme au fond des eaux,

Englouti sous les vases mes pierrailles;

Sombrés au gouffre des flots abyssaux

Les gracieuses prairies de mes aumailles

Et tous les chemins creux des jouvenceaux.

 

Ils ont jeté dehors les commensaux,

Sur les maisons abattu leurs marteaux,

Banni les gens ainsi que valetaille.

Ils ont noyé mon âme.

 

Ils ont voulu déplacer les tombeaux,

Les morts aussi n'étaient plus rien qui vaille,

Au bord de route aligné les caveaux

Comme on eût fait de gibiers de canailles.

Ils ont fait fi des temps immémoriaux,

Ils ont noyé mon âme.

 

(Pour Ubaye, village englouti par le lac de Serre-Ponçon)

 

 

A vous de jouer !

Allez! GO !

Voilà, j'espère, de quoi contribuer à vous occuper et occuper vos amis si vous diffusez cette page!

Et si cette forme de jeu vous plaît, dites-le moi, je vous en proposerai d'autres... et des gratinés!!

Un dernier mot, envoyez-moi vos oeuvres si le coeur vous en dit, j'en ferai avec plaisir paraître quelques-unes dans ces pages.

L'essentiel, dans ces temps d'isolement : Gardons le contact, et par là, manifestons-nous notre amitié !

A vous de jouer !

Textes:  Patrice Alzina

Photos:  Catherine et Patrice Alzina

A bientôt les amis !!!!!!!!!

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