Des maisons de vacances

Publié le par Patrice Alzina

Des maisons de vacances

                     Qui n'a pas conservé au fond de sa mémoire le souvenir d'une maison devenue au fil des ans le symbole des vacances?

Premières libertés sans les parents, premières craintes de nuits passées en des lieux peu connus, présence d'aïeux aimants ou retrouvailles familiales, premiers émois d'adolescence, souvenirs d'odeurs, de chaleurs, de goûts de fruits qui semblent plus fades aujourd'hui...

Comme souvent dans ces pages, j'ai le désir de vous accompagner dans les recoins de vos mémoires...

Voulez-vous me prendre la main ?

San Quirico d'Orcia, Toscane

San Quirico d'Orcia, Toscane

Le couloir sombre

 

La torpeur s'abattait sur le long vestibule

En cette heure d'été brûlant de canicule

Où le bourdonnement prisonnier d'une abeille

Veillait, dans la bastide inondée de sommeil.

 

Des parfums de fruits mûrs montaient d'une desserte

Chargée de lourds paniers emplis de pêches blettes

Attendant de rôtir au feu de la bassine

À confiture pendue aux claies de la cuisine.

 

Le couloir était sombre où les portes fermées

Ne laissaient apparaître aucune âme qui vive,

Et la vaste demeure semblait délaissée

Dans une solitude la retenant captive...

 

Bretagne, Golfe du Morbihan

Bretagne, Golfe du Morbihan

Un grincement pourtant vint rompre le silence.

Combattant l'atmosphère de désert et d'absence,

Les ombres s'allumèrent d'un fin rai de lumière

S'échappant à l'ouverture d'une portière.

 

Parut alors dans l'embrasure de soleil

Un garçonnet, les yeux encor lourds du réveil.

Glissant, pour s'assurer du passage, sa frimousse,

Il poussa devant lui une balle de mousse.

 

Et puis, s'imaginant au centre d'un grand stade,

Il se mit à courir, poursuivant le ballon,

Dansant des amortis, des dribbles, des actions,

Immergé dans sa frénétique cavalcade.

 

Tout entier à son rêve, il ne discernait pas

Les prunelles brillant depuis l'obscure alcôve,

Le regard attentif et songeur à la fois

Ainsi qu'à son affût un impassible fauve.

 

Lors, l'aïeul silencieux qui observait l'enfant

Se sentit envahi d'ondes de nostalgie,

Car dans ce même lieu, bien des lustres antan,

En de semblables jeux il s'était englouti.

 

extrait de "Les cigales se souviendront de moi",  éditions Edilivre, 2020

 

Marzamemi, Sicile

Marzamemi, Sicile

dans le Luberon

dans le Luberon

Je-ne-sais-quoi de presque rien

 

Ce n'était que voltige d'ange,

Je-ne-sais-quoi de presque rien,

Doux duvet d'oiseau que dérange

L'haleine d'un zéphyr taquin.

 

C'était paraphe de garance,

Pétale à la bouche apposé,

Traces de grenat déposées

Sur l'incarnat de l'innocence;

 

Éphélide de rouge-à-lèvres

Aux commissures oubliée

Comme le poinçon d'un orfèvre,

 

Un baiser,

                 tout juste effleuré,

Et les vacances sublimées...

Saint-Jean-Cap-Ferrat,  Alpes Maritimes

Saint-Jean-Cap-Ferrat, Alpes Maritimes

Cet été particulier se termine, faisant suite à un printemps hélas mémorable, et en prémices à une rentrée pleine d'incertitudes !

Nous reverrons-nous bientôt ? Nous le souhaitons tous ô combien !

Dans cette attente, gardons l'espoir de retrouvailles où la Poésie sera telle un remède aux difficultés du temps...

Et puis... gardons le contact et le cœur ardent !!

autour du lac d'Annecy

autour du lac d'Annecy

Textes:   Patrice Alzina

Photos:   Catherine et Patrice Alzina

À bientôt les amis !!!!!!!!

en Suède

en Suède

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