Les écrins des secrets

Publié le par Patrice Alzina

Les écrins des secrets

Les maisons ne sont-elles pas les écrins des secrets? Les témoins discrets des intimités?

Maisons de familles remplies des mystères, des silences et des non-dits des générations passées...

Logis anciens imprégnés de l'âme de ceux qui les ont habités...

Résidences modernes empressées de s'imbiber de la vie trépidante de leurs occupants ...

sur le lac de Côme

sur le lac de Côme

Une fin d'été

 

Ce jour de fin d'été dégoulinait de pluie,

Dans le parc les tilleuls ployaient sous les nuages;

Les heures déroulaient leur long ruban d'ennui

Dans la docte demeure assaillie par l'orage.

 

La comtoise rythmait une humide torpeur

Dans la cuisine, à l'heure du goûter des enfants,

Et la table de chêne couverte de douceurs

Semblait s'offrir comme remède au vilain temps.

 

Pourtant, ni les brioches, ni les sablés dorés,

Ni les bocaux poisseux de miels et de compotes,

Ne semblaient retenir l'attention désoeuvrée

De deux fillettes à la mine encore jeunotte.

à Bruges...

à Bruges...

La brunette collait son museau à la vitre,

Dessinant de ses lèvres des trous dans la buée,

Visage déformé comme un masque de pitre,

Elle tirait la langue aux arbres inondés.

 

Quant à la blondinette, elle traçait d'un doigt

Chargé de confiture des lettres sur le bois

Du grand buffet normand qui trônait à l'office,

Le front plissé, toute à l'effort de l'exercice.

 

Quant une brusque idée commune aux deux cousines

Attire leurs regards vers le clochet rouillé

Où pendait, interdite, la clef du grenier,

Un sourire éclairant leurs frimousses coquines.

 

L'une faisant à l'autre escabeau de ses mains,

Dans un effort soudain comme saut d'élastique,

Les voici se saisir du passe métallique,

Qu'elles empochent, rayonnant d'un air malin.

Oka, au Québec

Oka, au Québec

Elles adoptent alors la démarche du chat

Pour traverser, légères, et un doigt sur les lèvres,

Le boudoir où dormait, réfugiée dans ses rêves,

Une aïeule flétrie comme un vieux camélia.

 

Prenant garde à ne pas faire craquer les marches

De l'escalier de bois au tapis élimé,

S'aidant de leurs sourires et de clins d'oeil bravaches,

Elles montent les étages jusqu'au dernier palier.

 

Glissant alors la clef dans l'huis de la soupente,

Marmonnant les formules de leurs contes de fées,

Elles poussent le battant de la porte grinçante

Et pénètrent, effrayées, dans l'antre fantasmée.

 

 

sur l'île aux Moines ...

sur l'île aux Moines ...

Le local était vide, à l'exception notable

D'un immense tableau appuyé aux solives,

Recouvert d'un grand drap aux couleurs encore vives

Qu'elles arrachent avec une énergie coupable.

 

C'est alors que devant leurs regards ébahis,

Se révèle le portrait en pied d'une femme

D'une telle beauté, qu'il semblait qu'une flamme

Illuminait ses traits et ses yeux insoumis;

 

Habillée d'un drapé de toge cramoisie

Dévoilant ses épaules au doux galbe de nacre,

La naissance des seins couverte d'un rubis

Incandescent de feu sur le buste d'albâtre.

en Suède ...

en Suède ...

Exaltées par l'extase devant l'apparition,

Les mutines n'entendent pas l'entrée discrète

De l'arrière-grand-mère qui trottine et s'arrête,

Le regard embué happé par la vision.

 

"Vous vous demandez bien, petites, qui peut être

Cette soeur de déesse qui vous toise de haut,

Cette reine à la taille et l'allure parfaite,

Dont le sourire semble s'offrir comme un cadeau ?"

 

Surprises par l'adresse, et la brune et la blonde

Se tournent vivement vers l'ancêtre voûtée,

Et remarquent alors, luisant dans la pénombre,

Le bijou écarlate à son cou attaché.

 

Muettes de stupeur, leurs yeux alors cheminent

Du tableau à la vieille, de la vieille au tableau,

La lueur s'allumant dans l'esprit des gamines

Devant la solution que donnait le joyau.

 

"Cette Eve, ce fut moi, mes tendres mignonnettes"

Dit l'aïeule en leur ouvrant ses bras, attendrie,

"Car voyez-vous, enfants, je fus ce que vous êtes,

Les ans feront un jour de vous ce que je suis."

dans les Alpes ...

dans les Alpes ...

Le Festival du Livre 2016 de Mouans Sartoux dans les Alpes Maritimes se tiendra les 7-8-9 octobre.

Il s'agit là de la plus importante manifestation littéraire du sud de la France, accueillant quelques 400 auteurs et près de 50000 visiteurs sur ces 3 jours !

J'aurai plaisir à y présenter mes ouvrages sur le stand des Mots d'Azur

hall B stand 40

le samedi 8 et le dimanche 9.

Je serais heureux de vous y rencontrer si d'aventure vos pas vous entraînent par là ...

De plus, j'ai été invité à faire une lecture de mes textes le dimanche 9 à 11h 30

au Café Beaux Livres au sein du Hall B

J'y serai accompagné par le saxophone de la talentueuse Madelaine Moya Rubio, et ce sera pour moi une grande joie que de présenter ainsi ces poèmes de manière vivante, ainsi que je le fais de temps en temps.

Alors, rendez-vous est pris ?

Westmount, près de Montréal, au Québec

Westmount, près de Montréal, au Québec

A bientôt les amis !!!!!

 

 

 

Textes :  Patrice Alzina

Photos:  Catherine et Patrice Alzina

la maison natale de ma mère, peinte par J. Ortega

la maison natale de ma mère, peinte par J. Ortega

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